L’organisation de la recherche au Brésil reflète la structure fédérale du pays, avec une indépendance (et une compétition, mais aussi une complémentarité) entre le niveau fédéral et le niveau des Etats fédérés. Le système scientifique brésilien offre par ailleurs une séparation claire entre les opérateurs de recherche (universités, instituts de recherche) et les agence de financement.

Le niveau Fédéral

Le principal acteur de la recherche au Brésil est le Ministère de la Science, de la Technologie, de l’Innovation et des Communications (MCTIC). Il est responsable du Plan d’action de la science, de la technologie et de l’innovation pour le développement national, élaboré en coordination avec d’autres ministères (Education, Santé, Industrie…). Les deux principales agences de financement dépendantes de ce ministère sont le CNPq et la FINEP.

Le CNPq (Conselho Nacional de Desenvolvimento Cientifico e Tecnologico), dont le siège se trouve à Brasilia, est le premier organisme de soutien à la recherche scientifique au Brésil et le premier partenaire historique du CNRS (accord signé en 1975). Il propose de nombreux types d’appel d’offres pour le financement de projet de recherche, pour des bourses, et pour des projets de coopération internationale. La FINEP (Financiadora de Estudos e Projetos), localisée à Rio de Janeiro, est quant à elle plus axée sur le financement de projets à visée technologique en partenariat avec les entreprises.

En ce qui concerne les opérateurs de recherche, le MCTIC a dans son périmètre 22 unités de recherche scientifique, dont l’IMPA (Instituto de Matématica Pura e Aplicada) avec lequel le CNRS possède une UMI (Unité Mixte Internationale) depuis 2005 et le LNCC (Laboratoire National d’Informatique Scientifique) qui est le partenaire du CNRS dans le LIA LIRIO. Ces instituts de recherche possèdent des programmes de pós-graduação pour former de maitres ou des docteurs. Ainsi, bien que n’étant pas de universités, ils possèdent des caractéristiques d’universités « post-graduate » pour former leur doctorant.

Le second grand acteur de la recherche au Brésil au niveau fédéral est le Ministère de l’Education (MEC). La CAPES (Coordinação de Aperfeiçoamento de Pessoal de Nível Superior) est son agence dédiée au financement et à l’évaluation de l’enseignement supérieur. Cette agence évalue les programmes de pós-graduação des différents départements d’université, où se trouve la grande majorité des cadres de la recherche brésilienne. En outre, elle propose différents types de bourses pour étudiants, post-docs et professeurs invités, ainsi que des programmes de coopération internationale, dont le programme CAPES-COFECUB qui atteint en 2019 ses 40 ans d’existence.

Les opérateurs de recherche dépendant du MEC sont les universités fédérales (68 au Brésil), avec une forte concentration au sud-est du pays. Certaines de ces universités font partie des meilleures universités du pays : UFRJ (Rio de Janeiro, UFMG (Minas Gerais).

Certains autres ministères ont un poids non-négligeable en matière scientifique. C’est notamment le cas du ministère de la Santé (MS) qui assure la tutelle de la FIOCRUZ (Fundação Oswaldo Cruz) : organisme de pointe dans le domaine de la recherche biomédicale avec laquelle le CNRS, l’INSERM et Pasteur disposent d’une collaboration forte. L’EMBRAPA (Empresa Brasileira de Pesquisa Agropecúaria), analogue de l’INRA français, dépend du ministère de l’Agriculture. Ces instituts de recherche fédéraux disposent également de programme de pós-graduação.

Au niveau des Etats

Chaque gouvernement d’Etat dispose d’un Secrétariat à la Science, la Technologie et l’Innovation. La plupart des Etats prévoient dans leur propre constitution la redistribution d’un pourcentage des recettes budgétaires à destination de la recherche scientifique et technologique et de l’innovation. Ces ressources sont gérées par les FAPs (Fundação de Amparo a Pesquisa) qui sont des fondations de soutien à la recherche. Il existe 15 FAPs au Brésil dont les plus puissantes sont la FAPESP (São Paulo), la FAPERJ (Rio de Janeiro) et la FAPEMIG (Minas Gerais). De manière analogue au CNPq et à la CAPES pour le niveau fédéral, les FAPs ouvrent des appels d’offres pour l’attribution de bourses, de soutien à la recherche, aux échanges scientifiques et à la diffusion de la science, la technologie et l’innovation.

Chaque Etat dispose de son réseau d’universités d’Etat distinct des universités fédérales. Les universités les plus prestigieuses restent les universités fédérales sauf pour l’Etat de São Paulo qui compte 3 des meilleures universités brésiliennes au classement de Shanghai (USP, UNICAMP et UNESP). Ceci est principalement lié à la place toute particulière de l’Etat de São Paulo, poumon économique de l’économie brésilienne, qui apporte un financement très important aux universités de l’Etat ce qui lui permet de rivaliser avec le niveau fédéral. Il existe par exemple un programme bilatéral de coopération spécifique USP-COFECUB, à l’instar du programme CAPES-COFECUB pour les autres universités brésiliennes.

Coordination entre Fédération et Etats

Au Brésil il existe donc deux systèmes parallèles de financement de la recherche entre le niveau fédéral et étatique. Au niveau des Etats, le CONSECTI (Conselho Nacional de Secretrários Estaduais para Assuntos de CT&I) fédère les Secrétaires d’Etat à la Science et à la Technologie et le CONFAP (Conselho Nacional das Fundações Estaduais de Amparo à Pesquisa) fédère les FAPs. Au niveau national il existe également des accords entre les agences fédérales (CNPq et FINEP) et les agences d’Etats (FAPs) pour des cofinancements de programmes.

Outre les ministères mentionnés et les Etats, on compte deux autres sources majeures de financement de la recherche au Brésil :

  • Les fonds sectoriels (ex : aéronautique, agronomie, Amazonie, pétrole …), il y a 16 fonds sectoriels, 14 sur des thèmes spécifiques et 2 sur des thèmes transverses. Les recettes de ces fonds proviennent notamment de contributions versées sur l’exploitation des ressources naturelles et d’impôts appliqués sur les produits industriels de certains secteurs. Ces fonds alimentent des programmes spécifiques et abondent généralement les ressources du CNPq et de la FINEP.
  • Petrobras, la plus grande entreprise publique du pétrole brésilienne. Elle dispose de son propre centre de recherche : le CENPES. Elle est un acteur majeur du soutien à la recherche via des financements et projets communs avec des laboratoires d’universités.

 

Sources :
Conseil de politique européenne et internationale du CNRS – Bureau de Rio
Fiche Curie Brésil
http://confap.org.br/
http://www.mctic.gov.br/
http://www.consecti.org.br/
http://www.cnpq.br/
http://www.finep.gov.br/
Sistemas de Ciencia, Tecnología e Innovación, gobernanza y prioridades científicas de los países iberoamericanos – Paola Andrea Castillo Rozo