–  actualisé le 10/08/2020 –

Argentine

En Argentine, le président Alberto Fernandez a décrété l’isolement préventif, social et obligatoire depuis le vendredi 20 mars.

Le président Alberto Fernández a annoncé le jeudi 04/06 que l’Argentine commencerait à assouplir la quarantaine à partir du 8 juin. La flexibilisation a été plus souple à l’intérieur du pays, où il n’y a pas de circulation du virus. Les restaurants, les bars et les entreprises y ont été ré-ouverts, avec des protocoles de sécurité spécifiques.

La province de Buenos Aires, qui représente 97 % des cas de coronavirus dans le pays est soumise à des règles plus strictes de quarantaine. Le président argentin a annoncé le vendredi 31 juillet la neuvième prolongation de la quarantaine qui se poursuivra au moins jusqu’au 16 août suite à une augmentation record du nombre de cas dans les dernières semaines.

Le gouvernement de la Chambre des députés va promouvoir, avec le ministère de la justice et avec le soutien de l’opposition, une réforme de la loi sur les faillites afin d’éviter que la pandémie ne condamne des milliers d’entreprises à la fermeture définitive. L’intention est d’agir rapidement face au risque que les tribunaux de commerce, qui ont ouvert leurs portes le lundi (27 juillet), s’effondrent devant une recrudescence de dépôts de plaintes contre les entreprises qui ne peuvent pas payer leurs dettes en raison de la crise

Depuis le 17 mars 2020, l’Argentine a arrêté les liaisons aériennes avec les pays les plus touchés par le virus et depuis le 26 mars toutes les frontières argentines sont fermées. À la demande de l’Autorité de navigation aérienne argentine, la résolution 63/2020 du ministère argentin des Transports a suspendu tous les vols intérieurs depuis le 28/03 à minuit, à l’exception des vols humanitaires et d’évacuation médicale. Les vols domestiques et commerciaux devraient pouvoir reprendre à partir du 1er septembre.

L’Argentine compte 246 486 cas enregistrés de coronavirus et 4 606 morts.

Bolivie

Après avoir émis des recommandations de « quarantaine » le samedi 21 mars 2020, le gouvernement bolivien avait décrété l’état d’urgence sanitaire le mercredi 25 mars interdisant la circulation des véhicules en instaurant un confinement pour empêcher la propagation de Covid-19, dont la transmission continue d’augmenter dans certaines régions.

Après plusieurs phases de quarantaine plus ou moins strictes, le gouvernement a déclaré le lundi 27 juillet l’état de « calamité publique » qui permet de disposer de davantage de ressources pour faire face à la pandémie, à travers un crédit de la Banque centrale. En parallèle la quarantaine a été prolongée jusqu’au 31 août.

En total, 11 hauts fonctionnaires du gouvernement bolivien, dont la présidente par intérim Jeanine Àñez, ont été testés positifs au coronavirus jusqu’à présent.

La crise sanitaire s’accompagne de la crise politique concernant la date des prochaines élections présidentielles dans le pays. Initialement prévues le 3 août 2020, les élections ont été reportées au 6 septembre puis au 18 octobre par le Tribunal Suprême Electoral (TSE) en raison de l’augmentation des cas de coronavirus dans le pays.

Le coronavirus touche une Bolivie profondément divisée entre l’actuel parti de droite au pouvoir et le MAS, le parti de l’ancien président déchu Evo Morales. Ce dernier, toujours majoritaire au Parlement, a refusé d’approuver l’octroi de fonds de la part d’organismes internationaux, notamment un prêt de 327 millions de dollars du FMI.

Le nombre de contamination est en augmentation dans les communautés indigènes de Charagua Iyambae et Yuqui, dans l’est et le centre de la Bolivie, selon leurs représentants et les autorités médicales desservant ces territoires.

La Chambre des députés bolivienne a approuvé le 6 août un projet de loi qui réglemente la production, la commercialisation, la distribution et l’utilisation du dioxyde de chlore à titre préventif pour le traitement des patients diagnostiqués avec la covid-19. L’utilisation n’a aucun fondement scientifique. Le projet de loi doit maintenant être ratifié par la présidente par intérim, Jeanine Áñez.

Actuellement, le pays compte 89 999 cas confirmés et 3 640 morts.

Brésil

Le Brésil est le seul pays de la zone dont le gouvernement n’a pas de positionnement clair. À noter qu’en plus de la crise sanitaire et économique, le Brésil doit également faire face à une crise politique liée aux agissements et déclarations de son président Jair Bolsonaro (limogeage du ministre de la santé le 16 avril, démission du ministre de la justice le 24 avril, démission du nouveau ministre de la santé le 15 mai, 1 mois après sa prise de fonction).

Les mesures pour contrer le coronavirus sont principalement prises par les municipalités et les gouvernements d’États qui ont pris des mesures assez tôt (17 mars pour l’État de São Paulo et Rio de Janeiro par exemple) de distanciations sociales, réduction des transports, fermetures des commerces non-essentiels etc… Aujourd’hui, et malgré une évolution inquiétante de la maladie dans tout le pays, les États et les municipalités commencent peu à peu à “flexibiliser” leurs mesures.

Le président Jair Bolsonaro, s’est à plusieurs reprises exprimé contre confinement afin de “maintenir l’économie”. Le 16 avril il a limogé son ministre de la santé Luiz Henrique Mandetta après que celui-ci ait pris, à plusieurs reprises, position contre son président (il était en faveur du confinement et émettait des réserves quant à l’utilisation de la chloroquine pour soigner les patients du Covid-19). Le nouveau ministre Nelson Teich, qui avait pris ses fonctions le 16 avril, a également démissionné le 15 mai 2020 suite à ses divergences avec le président. Le général Eduardo Pazuello est devenu le ministre de la santé par intérim, il se dit lui-même “laïc” concernant les questions de santé.

À noter que depuis le vendredi 5 juin, un nouveau format de comptage a été adopté et le ministère a modifié la manière dont les indicateurs sont diffusés, ne présentant plus certaines données consolidées.

Le bulletin quotidien du ministère https://covid.saude.gov.br/ est maintenant publié vers 22 heures. Initialement cette divulgation avait lieu à 17 heures, puis à 19 heures. Ce décalage ne permet notamment plus de diffuser les informations dans les journaux télévisés brésiliens du soir.

Un consortium entre les principaux services de presse brésiliens : G1, O Globo, Extra, O Estado de S.Paulo, Folha de S.Paulo e UOL a été mis en place pour récupérer les chiffres de contaminations et décès liés au Covid-19 et informer la population. Ces chiffres sont légèrement supérieurs à ceux annoncés par le ministère.

Le mardi 7 juillet, Jair Bolsonaro a annoncé être porteur du coronavirus mais « en parfaite santé », il devra réaliser une quarantaine de 14 jours afin d’éviter au maximum les risques de transmission.

Lundi matin (20 juillet), le Brésil a reçu des vaccins contre le nouveau coronavirus, produits par le laboratoire chinois Sinovac Biotech. Les tests sont menés par l’Institut Butantan de São Paulo. La Commission nationale d’éthique de la recherche (Conep) a déjà autorisé le début de la phase d’essais cliniques du vaccin qui devrait se dérouler pendant trois mois.

Le Brésil a rouvert mercredi 29 juillet ses frontières aux étrangers arrivant par voie aérienne, selon un décret publié au Journal officiel, une mesure qui vise à relancer l’industrie touristique brésilienne dévastée par la pandémie de coronavirus.

Michael Ryan, le directeur des urgences de l’OMS, a averti le lundi 10 août que la transmission communautaire continue au Brésil et que la transmission du virus ne faiblit pas. Samedi (8), le pays a atteint le cap des 100 000 morts par la Covid-19.

Le pays compte actuellement 3 035 649 cas confirmés et 101 142 morts. Il est donc le 2ème pays en termes de cas confirmés et en nombre de morts.

Chili

Le 18 mars, le Chili a fermé ses frontières et mis en place un couvre-feu nocturne dans l’ensemble du pays, de 22h00 à 05h00 du matin, dans le cadre d’une mise en place d’une « quarantaine progressive« . Il n’existe pas à ce jour de quarantaine nationale mais certaines zones du pays ont pris des mesures locales de confinement et de restriction des déplacements. Par ailleurs, une mesure de confinement obligatoire visant les personnes âgées de plus de 75 ans est actuellement en vigueur sur l’ensemble du territoire.

Le nombre de morts est reparti à la hausse dans le pays après que le président Sebastian Piñera a mis en place une stratégie de “nouvelle normalité” alors que le pays semblait être arrivé à une certaine stabilité dans le nombre de nouvelles contaminations. Des mesures plus strictes ont donc été rétablies.

Des mesures locales de confinement et de restriction de déplacements ont été adoptées :

Plan de déconfinement « Paso a paso » (mesures disponibles ici) :

  • Región d’Antofagasta : passage en phase 2 (« Transición ») de la commune de Tocopilla
  • Région métropolitaine : passage en phase 2 (« Transición ») des communes de Colina, La Reina, Las Condes, Lo Barnechea, Ñuñoa, Til-Til, Vitacura, San Antonio, San Felipe, María Pinto, Melipilla, Curacaví, Lampa et Providencia
  • Région de Valparaíso : passage en phase 2 (« Transición ») des communes de San Antonio et San Felipe
  • Région de O’Higgins : passage en phase 2 (« Transición ») des communes de Rancagua, Machalí et Graneros
  • Région de l’Araucanie : passage en phase 4 (« Apertura inicial ») de l’ensemble de la région
  • Région de Magallanes : passage en phase 2 (« Transición ») de la commune de Punta Arenas

Le confinement est obligatoire pour les régions suivantes :

  • Région d’Arica et Parinacota : zone urbaine de la commune d’Arica
  • Région de Tarapacá : communes d’Iquique et d’Alto Hospicio, zone urbaine de Pozo Almonte
  • Région d’Atacama : commune de Copiapó et de Tierra Amarilla
  • Région d’Antofagasta : communes de Calama, Antofagasta, Mejillones
  • Région de Coquimbo : communes de Coquimbo et La Serena
  • Région métropolitaine de Santiago : communes de Santiago centre, El Bosque, Quinta Normal, Independencia, Estación Central, Pedro Aguirre Cerda, Cerrillos, Quilicura, Recoleta, Cerro Navia, Conchalí, La Cisterna, La Florida, La Granja, Lo Espejo, Lo Prado, Macul, Renca, Peñalolén, San Joaquín, San Miguel, San Ramón, La Pintana, Puente Alto, Quilicura, San Bernardo, Maipú, Padre Hurtado, Huechuraba, Pudahuel, Buin, Peñaflor, El Monte, Talagante et Calera de Tango, Isla de Maipo et zone urbaine de San José de Maipo
  • Région de Valparaíso : communes de Valparaíso, Viña del Mar, Los Andes et Quillota, La Calera et La Cruz
  • Région de O’Higgins : communes de Rengo
  • Région du Maule : commune de Curicó
  • Région de Los Lagos : commune de Puerto Montt

Les autorités chiliennes ont par ailleurs rendu obligatoire le port du masque dans les lieux publics de la région de Santiago depuis plusieurs semaines.

Le ministre de la Santé Jaime Mañalich a démissionné le samedi 13 juin, en plein milieu de la pandémie qui frappe son pays, suite aux critiques concernant sa gestion de la crise (notamment l’échec de la “quarantaine dynamique”) et à la controverse concernant les chiffres officiels du coronavirus. Le nouveau ministre est Enrique Paris, chirurgien et ancien président de l’Ordre des médecins.

Le Chili qui était, au début de la crise, un “exemple” en Amérique du Sud est aujourd’hui l’un des pays les plus touchés par le Coronavirus en Amérique du Sud (avec le Brésil et le Pérou).

Le président chilien Sebastian Piñera, qui doit faire face à des contestations sociales en plus de la crise sanitaire depuis plusieurs mois, a annoncé un plan d’aide de 1,5 milliard de dollars US pour la classe moyenne, fortement touchée par la crise économique résultant de la nouvelle pandémie de coronavirus.

Le ministère de la santé a décidé d’assouplir le confinement pour plus d’un million d’habitants de la capitale (Santiago) à partir du mardi 28 juillet. Dans plusieurs communes du grand Santiago, les habitants peuvent sortir librement pendant la semaine, et se réunir jusqu’à 10 personnes. Les sorties, qui étaient strictement limitées à deux par semaine et strictement encadrées, sont possibles librement depuis ce mardi 28 juillet, sauf le week-end. Certains commerces non essentiels peuvent également rouvrir comme les salons de coiffure, mais pas les bars et les restaurants.

Aujourd’hui, le Chili fait état de 373 056 cas confirmés et 10 077 morts.

Colombie

Le gouvernement colombien a déclaré un confinement national le 24 mars minuit réagissant ainsi très tôt face à la crise du coronavirus. Dans son discours du 26 avril le président a déclaré que le déconfinement serait un « processus graduel », il a signalé que les gouverneurs et les maires doivent continuer à prendre des mesures pour limiter la propagation du virus. Le ministre de l’économie a déclaré : « le principal est de protéger les vies, mais nous devons, main dans la main, relancer progressivement l’économie […], les maires seront la clé de ce déconfinement graduel ».

La quarantaine sera maintenue dans le pays jusqu’au 30 août. En parallèle, la reprise des activités commerciales se fait peu à peu après étude des cas entre les municipalités et le gouvernement en appliquant des mesures sanitaires strictes.

Après une augmentation inquiétante des cas dans la province de Bogotá, le gouvernement, avec l’approbation du ministre de la Santé, a remis en place une quarantaine stricte pour certaines localités de la région entre le 13 juillet et le 23 août.

Du 13 au 26 juillet à : Ciudad Bolívar, San Cristóbal, Rafael Uribe Uribe, Chapinero, Santa Fe, Usme, Los Mártires et Tunjuelito.

Du 23 juillet au 6 août à : Bosa, Antonio Nariño, Kennedy, Puente Aranda et Fontibón.

Du 31 juillet au 14 août à : Suba, Engativá et Barrios Unidos.

Dans son allocution du 25 juillet, le président Duque a déclaré « que 50,22 % de ceux qui ont été testés positifs ont surmonté l’attaque du virus. Nous ne pouvons pas baisser notre garde. » Par ailleurs, il a assuré que des efforts sont déjà mis en œuvre dans certaines municipalités à faible incidence du virus pour réactiver le transport inter-municipal.

Les municipalités qui n’ont pas encore enregistré de cas de coronavirus (dites « no covid ») continueront à rouvrir progressivement leurs portes. Toutefois, le président a souligné que dans ces villes, des restrictions sont toujours en vigueur dans les lieux de divertissement tels que les bars et les clubs, ainsi que pour la vente d’alcool. Les villes les plus touchées par la covid-19 continueront de faire l’objet d’une surveillance périodique, afin de prendre des mesures complémentaires si nécessaire.

Le président a également renforcé la présence militaire autour des frontières brésiliennes et péruviennes, deux pays limitrophes considérés comme un risque potentiel pour la propagation du virus.

Actuellement, le pays compte 387 481 cas confirmés et 12 842 morts.

Équateur

Le 16 mars 2020 a été déclaré l’état d’alerte sur tout le territoire national équatorien. Le décret 1017 du 17 mars 2020 limite le droit à la libre circulation, avec un certain nombre d’exceptions. L’état d’urgence a été prolongé par le président Lenín Moreno le 16 mai 2020 jusqu’au 13 août 2020.

Un Comité des Opérations d’Urgence national (COE), dirigé par le vice-président de la République, a été mis en place. Il assure la liaison avec les coordinations territoriales (comités locaux ou provinciaux), qui peuvent émettre des recommandations, toutefois les décisions relèvent du COE national.

Depuis le 4 mai, le gouvernement parle de « nouvelle normalité » (mesure permettant de relancer le secteur économique), la situation est dorénavant évaluée par le COE et les gouvernements de chaque canton pour étudier la mise en place de mesures sanitaires appropriées à chaque région. Trois types de zones sont définies pour chacun des 221 cantons :

      Zone Verte : reprise du travail avec un maximum de 70 % de personnel à la fois ; la circulation des véhicules est définie par des plaques à numéros pairs ou impairs.

   Zone Jaune : Priorité donnée au télétravail, maximum 50 % du personnel en présentiel. Les entreprises peuvent reprendre leur activité selon des conditions strictes. Couvre-feu entre 23 heures et 5 heures du matin (sauf pour les régions concernées par l’extension des restrictions : entre 21h et 5 heures du matin et 19h et 5h le we, voir ci-dessous).

      Zone Rouge : Les activités commerciales sont autorisées avec 30 % de la capacité. Le travail présentiel reprend dans les secteurs public et privé avec 30 % du personnel au maximum. Circulation interdite en we et autorisée deux jour par semaine en fonction de la plaque minéralogique de la voiture. Couvre-feu entre 18h et 5 heures du matin.

La majorité du pays est dorénavant en zone jaune (195 cantons sur 221) y compris les provinces de Guayas (Guayaquil) ou de Pichincha (Quito). 14 cantons restent néanmoins en zone rouge. 12 cantons sont actuellement en zone verte dans le pays. Le système de santé de certaines zones est « au bord de l’effondrement » selon certains professionnels du secteur de la santé.

Malgré cette évolution de la situation qui semble positive, le ministre de la santé Juan Carlos Zevallos a déclaré que la situation du système de santé à Quito (deuxième ville la plus touchée après Guayaquil) est devenue « critique », les soins intensifs de la région étant complets.

Dans la nuit du samedi 25 juillet 2020, le gouvernement équatorien a présenté l’extension des restrictions, ordonnées par le Comité des opérations d’urgence (COE) dans 14 provinces du pays. L’objectif de ces mesures est de mettre fin à la « désobéissance citoyenne » dans les localités où l’on enregistre le plus grand nombre d’infections et de non-respect des mesures de sécurité sanitaire. Les provinces concernées sont : Pichincha, Carchi, Imbabura, Cotopaxi, Bolívar, Tungurahua, Chimborazo, Cañar, Azuay, Loja, Santo Domingo de los Tsáchilas, Esmeraldas, Morona Santiago et Zamora Chinchipe.

À ce jour, le pays fait état de 94 459 cas confirmés et 5 922 morts. Toutefois, les statistiques officielles ne tiennent pas compte des personnes qui meurent sans avoir été testées (nombreuses dans le pays).

Paraguay

Depuis le 10 mars 2020, sont instaurées la fermeture des écoles et des universités ainsi que l’interdiction de rassemblements à caractère sportif, culturel, religieux ou politique, qu’ils soient privés ou publics.

Le pays est actuellement dans la phase 3 de la “quarantaine intelligente”. Le pays a limité la crise du coronavirus en adoptant très tôt des mesures. La quarantaine a été imposée 3 jours après le premier cas de coronavirus. Le ministre de la santé, Julio Mazzoleni, a présenté le vendredi 24 avril un plan de “quarantaine intelligente” en plusieurs phases :

      À partir du 4 mai, pourront reprendre dans le pays : les industries, les prestataires de services (jusqu’à 3 personnes), les delivery et l’activité physique individuelle.

      À partir du 25 mai, pourront reprendre : la majeure partie des commerces (< 800 m2), les bureaux, le secteur du BTP et les événements culturels sans spectateurs.

    À partir du 15 juin, pourront reprendre : la totalité des commerces, les complexes sportifs sans spectateurs.

     À partir du 20 juillet, retour à la « normal » en respectant des règles strictes d’hygiène : on parle de flexibilisation « avancée ».

Aujourd’hui, la majorité du pays est en phase 4, sauf la ville d’Asunción et le département du Central qui restent en phase 3 pour la prochaine semaine. Le département d’Alto Paraná est retombé en phase 0 (lockdown avec quelques exceptions) suite à l’augmentation des cas dans la région.

Avec le passage à la phase 4 de la quarantaine intelligente, le secteur hôtelier sera réactivé « avec un contrôle et un protocole stricts », les rassemblements religieux pourront reprendre avec 50 personnes maximum. Les activités culturelles seront également autorisées « avec des mesures protocolaires strictes pour pouvoir assister à certains événements » et les activités sportives avec un noyau constant de quatre personnes. Dans le cas des réunions familiales, le nombre maximum de participants est fixé à 10 personnes, avec la recommandation qu’elles soient issues du noyau familial et que la présence d’étrangers soit limitée autant que possible.

Le Paraguay est actuellement en discussion avec le Brésil pour rouvrir la frontière terrestre, « le pont de l’amitié », entre les deux pays. Les discussions ont débuté entre le maire de la Ciudad del Este (Paraguay) et de Foz de Igaçu (Brésil) à ce sujet.

Le Paraguay compte 6 907 cas de personnes contaminées et 75 morts.

Pérou

Le 16 mars 2020 le Pérou a déclaré l’état d’urgence, celui-ci a été prolongé jusqu’au 7 septembre par le président Martín Vizcarrai. La quarantaine totale, au niveau national, a pris fin le mardi 30 juin. Les règles strictes de quarantaine sont néanmoins maintenues dans les onze régions où le taux d’infection est encore augmentation : Arequipa, Ica, Junín, Huánuco, San Martín, Madre de Dios et Áncash et, depuis le 26 juillet, Cajamarca, Jaén et San Ignacio et La Convención. On parle de « quarantaine localisée ». Un couvre-feu est établi entre 22h00 à 04h00, tous les jours de la semaine, y compris le dimanche. Pour les sept régions les plus touchées le couvre-feu est appliqué entre 20h et 04h00 la semaine et 24h le dimanche.

Tous les vols internationaux sont annulés. Depuis Juillet, les vols nationaux ont repris dans le pays.

Le président péruvien Martín Vizcarra a procédé le mercredi 15 juillet à une importante réforme ministérielle, en remplaçant plus de la moitié des ministres, alors que sa popularité est affectée par le fort impact économique de la nouvelle pandémie de coronavirus. L’avocat Pedro Cateriano a été nommé premier ministre. Le ministre de la santé du pays, qui a été critiqué pour sa gestion de la pandémie, a également été licencié, étant remplacé par la chirurgienne Pilar Mazzetti, qui a dirigé le « Commandement des opérations de Covid-19 », un comité de conseil d’experts autour du président pour gérer la crise sanitaire.

Les autorités péruviennes ont averti depuis mars que les chiffres réels pourraient être plus élevés et que le nombre exact de victimes ne serait connu qu’après la pandémie. Le nombre officiel de morts est devenu un sujet de controverse ces dernières semaines, avec l’espoir qu’il soit inférieur aux données officielles. Selon la presse locale, ce nombre dépasserait les 44 000, si l’on tient compte des cas suspects. Selon une étude publiée par le New York Times au début du mois de juillet, le Pérou est en tête de liste des pays dont les chiffres sont sous-estimés, avec une surmortalité de 136 % entre avril et juin.

À Lima, ville la plus touchée avec 60 % des cas, les hôpitaux sont surchargés. De longues files de personnes attendant de recevoir de l’oxygène pour soigner des membres de leur famille à leur domicile se crée un peu partout puisque les hôpitaux ne peuvent plus accueillir tous les patients.

À ce jour, le Pérou compte 21 072 morts et 478 024 cas confirmés. C’est le deuxième pays le plus touché en Amérique du Sud (après le Brésil), et ce malgré des mesures strictes prises très tôt.

Uruguay

Depuis le 20 mars 2020, les frontières uruguayennes sont fermées. Le 25 mars, l’Uruguay a débuté une phase de “quarantaine préventive” pour les personnes de plus de 65 ans. Les principales mesures prises par le gouvernement uruguayen concernent les personnes faisant partie du groupe à risque. Les écoles et commerces sont fermées depuis le 14 mars. Depuis le 25 mars, certaines écoles ont pu rouvrir notamment dans les campagnes.

Le gouvernement a mis en place un conseil d’experts dirigé par le bureau de la planification et du budget pour conseiller le pouvoir exécutif quant aux mesures á prendre. Comme la Corée du Sud, l’Uruguay a par ailleurs choisi de ne pas imposer de confinement obligatoire. Le gouvernement pratique le dépistage de masse et mise sur une incitation à l’isolation sociale, pour ne pas mettre le pays à l’arrêt. Les masques sont obligatoires dans les endroits regroupant du public.

L’Uruguay a été qualifié d’« Oasis du coronavirus » par plusieurs journaux sud-américains. Le nombre de personnes contaminées par le coronavirus est faible car l’Uruguay a pris plusieurs mesures importantes dès le début de la pandémie :

  • Informer la population avec transparence de la dangerosité du virus ;
  • Réalisation de nombreux tests ;
  • Ne pas imposer de confinement obligatoire, laisser les citoyens décider de façon responsable ;
  • Ne pas réprimer les personnes ayant choisi de sortir dans les rues ;
  • Interdire les classes présentielles et les grands évènements ;
  • Fermer les frontières.

Comme le taux d’infection est resté faible et que le système de santé n’a jamais été compromis, le pays a déjà repris certaines activités comme le retour graduel des cours présentiels. Aujourd’hui le principal défi du pays semble de contrôler ses frontières, notamment avec le Brésil.

À ce jour, il y a eu 37 morts et 1 353 cas confirmés positifs au coronavirus.

Venezuela

Les autorités vénézuéliennes ont annoncé la mise en place d’une « quarantaine sociale et collective” dans l’ensemble du territoire national, depuis le mardi 17 mars à 5h00. L’état d’urgence a été prolongé, pour, la cinquième fois, le dimanche 9 août pour 30 jours supplémentaires. Cette mesure entraîne une limitation des déplacements au strict nécessaire, à savoir les achats alimentaires ou liés à des soins médicaux.

Initialement, le gouvernement avait mis en place un système 5-10 (5 jours de flexibilisation + 10 jours de confinement) qui fut abandonné après seulement une semaine de fonctionnement.

Début juin, le gouvernement a annoncé la mise en place d’un autre système 7-7qui consiste à accorder sept jours de flexibilisation (durant lesquels certains secteurs économiques peuvent reprendre), suivis de sept jours de quarantaine stricte. Cependant, l’augmentation des cas fait que la flexibilisation est davantage réglementée dans l’État de Caracas et dans six autres États : Miranda et Vargas (voisins avec Caracas), Zulia et Táchira (frontière colombienne), Bolívar (frontière brésilienne) et Sucre (frontière avec Trinité-et-Tobago). Le gouvernement parle de « Flexibilisation de type 1 » pour ces secteurs.

Cette semaine, le pays entre dans une semaine de flexibilisation.

Face à l’augmentation du nombre de cas, le gouvernement a inauguré au complexe sportif Poliedro de Caracas un hôpital de campagne de 1 200 lits qui sera utilisé par des patients asymptomatiques ou présentant des symptômes légers.

À ce jour, le pays compte 25 805 contaminées et 223 morts. Les chiffres officiels sont cependant mis en doute par l’ONG Human Rights Watch et l’Université John Hopkins qui ont rendu un document expliquant que le président Nicolas Maduro n’était pas transparent concernant l’impact de la pandémie (tout comme la Corée du Nord et le Brésil).