1. En Bref

2. Présentation

L’UMI-EBEA est basée à la Station Biologique de Roscoff avec des sites miroir dans les deux universités chiliennes partenaires. Elle a été créée en janvier 2014 afin de renforcer les collaborations scientifiques, initiées dès 1997 en écologie et génétique évolutive des organismes marins entre la France et le Chili.
Des côtes bretonnes aux rivages chiliens, l’objectif de l’UMI est de documenter la biodiversité des micro- et macro-algues marines et de s’intéresser à la généralité des processus évolutifs en comparant des espèces dans des écosystèmes similaires mais ayant des histoires évolutives différentes.

Il s’agit de comprendre les contraintes écologiques et évolutives de leur adaptation, à travers leurs modes de reproduction, leur structure génétique, les processus de spéciation tout en tenant compte de l’influence de l’environnement et des activités humaines, notamment dans le contexte de la domestication des algues.

Photo : Bertrand Jacquemin

3. Activités de recherche

Trois axes de recherche ont été définis :

  • L’axe « Évolution de la reproduction sexuée et ses conséquences » étudie l’influence de l’hétérogénéité de l’habitat sur l’évolution du mode de reproduction ; des modèles théoriques et approches d’évolution expérimentale examinent l’interaction entre facteurs génétiques et écologiques sur l’évolution des phases haploïdes et diploïdes du cycle de vie des algues.
  • L’axe « Spéciation et adaptation : aspects écologiques et évolutifs » porte sur le rôle du système de reproduction dans les processus d’adaptation et de spéciation ; des approches expérimentales et de génomique des populations sont en place pour tester les prédictions des modèles de spéciation.
  • L’axe « Domestication, gestion des ressources génétiques et impacts environnementaux » établit le lien entre les activités humaines et les processus écologiques et évolutifs dans un contexte de forte demande du secteur aquacole.

Outre l’amélioration des connaissances en écologie et en biologie évolutive marine, les résultats obtenus sont destinés à appuyer la gestion et la conservation de la biodiversité des environnements marins côtiers ainsi que le développement de l’aquaculture d’algues. Le Chili est un des premiers pays producteur d’algues au monde et les enjeux écologiques et économiques de cette ressource sont importants.

“ Les résultats obtenus sont destinés à appuyer la gestion et la conservation de la biodiversité des environnements marins côtiers ainsi que le développement de l’aquaculture d’algues ”

Quelques exemples de projets en cours :

  • « Adaptation to latitudinal gradient of the Giant Kelp » vise à étudier la balance entre les effets historiques, la connectivité et l’adaptation locale dans la distribution d’une espèce cosmopolite le long du gradient latitudinal des côtes chiliennes et péruviennes. (FONDECYT ; coord. Faugeron)
  • « Speciation and adaptation in diatoms and coccolithophores » étudie l’origine et la distribution de la diversité de deux des espèces dominantes du phytoplancton du Pacific sud (FONDECYT ; coord. Von Dassow)
  • « Gracilaria domestication » cherche à reconstituer l’histoire évolutive complexe d’une espèce cultivée et domestiquée, l’algue rouge Gracilaria chilensis, en utilisant les outils de la génomique des populations. (FONDECYT ; coord. Guillemin)
  • « GENIALG » est le premier projet mené par l’industrie réunissant des entreprises pionnières dans des bio-raffineries intégrées à grande échelle et des experts en culture d’algues, en génétique et en métabolomique, pour stimuler l’industrie des algues. (Horizon 2020 Blue Growth)
  • Le projet « MARFOR » vise à comprendre l’histoire démographique et adaptative des forêts marines distribuées le long des côtes européennes, ainsi qu’à prédire les conséquences du réchauffement climatique sur leur biodiversité (BIODIVERSA ; coord WP2 Valero)
  • SEXCHANGE propose de comprendre les pressions sélectives favorisant la reproduction sexuée par une combinaison d’approches théoriques de génétique évolutive et d’évolution expérimentale (ANR Jeune Chercheur ; coord. Roze)

 

4. Activités de collaborations

Environ 10 échanges par an de chercheurs, étudiants et personnels techniques sont effectués grâce à l’UMI pour soutenir les activités de recherche et de formation doctorale. Une partie des efforts est dévolue à l’organisation d’écoles d’été et de workshops autours des thématiques de biodiversité, évolution et aquaculture des algues, grâce notamment à la constitution du réseau international (IRN ; France-Brésil-Chili) « Diversity, Evolution and Biotechnology of Marine Algae ». Depuis sa création, l’UMI-EBEA a publié 64 articles, dont 20% ont été co-signés entre les membres des deux pays.

 

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