L’importance des réseaux sociaux au Brésil – Projet LisTIC

 

Pour tuer le temps, un smartphone suffit ! Grâce au succès fulgurant de Facebook et consorts, Internet a croqué le Brésil à pleines dents. Les brésiliens sont maintenant mordus de réseaux sociaux…
Et probablement plus qu’ailleurs, ils s’engagent dans des actions collectives qui s’amplifient parfois sous la forme de mouvements sociaux plus conséquents, comme ceux de São Paulo et Rio de Janeiro. Cette propension citoyenne fortement empreinte d’une culture du militantisme converge depuis quelques années avec cet engouement des brésiliens pour les médias sociaux. Les usages de ces médias dans le cadre de pratiques militantes y sont importants. Le Brésil représente donc l’un des terrains d’investigation les plus stimulants actuellement pour appréhender des formes, à la fois instituées et diversifiées, de militantisme citoyen développées à l’articulation entre la rue et les médias sociaux.

LisTIC est un projet de recherche interdisciplinaire coordonné par des chercheurs en sociologie du Laboratoire Interdisciplinaire Solidarités, Sociétés, Territoires (LISST) de l’université de Toulouse, en partenariat avec des chercheurs en sciences de l’information et de la communication et en informatique affiliés au Laboratoire d’Études et de Recherches Appliquées en Sciences Sociales (LERASS) et à l’Institut de Recherche en Informatique de Toulouse (IRIT), et le département de sociologie de l’Université de São Paulo. Ce projet est financé de 2016 à 2021 par l’Agence Nationale de la Recherche, et a obtenu le label du GDRI CNRS «  Web Science ». Ce projet est réalisé à l’aide de méthodes digitales caractéristiques des humanités numériques, méthodes qui exploitent la capacité de calcul de la plateforme Osirim.
Le projet LisTIC explore les usages contemporains des téléphones mobiles et des applications développées par les principaux médias sociaux, dans le but de mieux cerner leurs effets sur la composition et la morphologie des réseaux relationnels, sur les sociabilités tissées au travail et sur les formes médiatisées de la participation politique, dans le cadre des mouvements sociaux actuels au Brésil.
L’objectif est de s’immerger au sein des militants, de décortiquer leurs logiques participatives ascendantes afin de rendre compte de la manière dont elles sont tissées à l’aide de différents services de communication (Twitter, Facebook, SMS, appels, etc.). Le projet décrit par exemple comment les militants brésiliens contournent la censure des opérateurs téléphoniques et le contrôle des autorités publiques grâce à WhatsApp pour diffuser des messages politiques lors des manifestations et tenter d’endiguer les violences policières. Il s’agit de montrer comment ces logiques participatives individuelles s’inscrivent dans des réseaux relationnels, en commençant par les relations de proximité comme par exemple entre les habitants des Favelas.

Trois types de militants sont considérés :

Listic

L’analyse des pratiques militantes de ces trois groupes permet de mieux comprendre la place des smartphones et des médias sociaux, dans la structuration des formes de participation à l’intersection entre les espaces de débats publics physiques et numériques, et soulève une question importante : en quoi les usages numériques, via le smartphone en particulier, redéfinissent-ils les équilibres démocratiques ?

 

→ Contacts:

Julien Figeac : julien.figeac@univ-tlse2.fr
Nathalie Paton : nathalie.paton@gmail.com
Guillaume Cabanac : guillaume.cabanac@univ-tlse3.fr