Graffiti de la science: un concept innovateur d’art et science

Le Centre Brésilien de recherche en Physique (CBPF), localisé à Rio de Janeiro, a inauguré le 8 juin 2018 un Graffiti qui couvre entièrement un des murs de l’institution, et est exclusivement dédié à la science, technologie et innovation. Cette manifestation d’art urbain, unique au monde de par sa dimension, fait partie d’une démarche de valorisation de la Science au Brésil.

Dans un contexte de crise aigüe du financement publique de la recherche au Brésil, il apparait aux chercheurs fondamental de dialoguer plus et mieux avec la société civile, à la fois pour la sauvegarde des fonds alloués aux laboratoires que pour inciter les jeunes à s’orienter vers des études scientifiques. Le CBPF a par ailleurs déjà une certaine tradition de pratiques de type « Art et Sciences », notamment en collaboration avec le CERN. Le CBPF a lancé le projet du Mur de la Science afin de rappeler au public que les résultats de la Physique – en tant que science de base – sont partie intégrante de notre vie quotidienne. L’initiateur est porteur de ce projet est Márcio Portes de Albuquerque, directeur adjoint du CBPF.

 

Le Graffiti de la Science (Photo: Luiz Baltar)

 

Le CBPF, qui dépend directement du Ministère brésilien de la Science, Technologie, Innovation et Communication (MCTIC) développe des activités en science fondamentale, recherche technologique et vulgarisation. Avec 70 chercheurs permanent, il produit en moyenne 300 articles scientifiques par an dans les plus grands journaux en physique.

Le Mur de la science est divisé en sept parties : i) abstraction et mystère; ii) curiosité et créativité; iii) construire la connaissance; iv) passé, présent et futur; v) du nano aux macro échelles; vi) les bâtisseurs de la Science; vii) la particule qui a changé le Brésil; viii) Chercher encore…

 

La particule qui a changé le Brésil

 

La figure, en apparence abstraite, qui domine la zone vii) du graffiti, tient son origine dans la formation d’un Brésil moderne, dans lequel la science faisait, peut-être comme cela n’a plus jamais été le cas, partie d’un projet de nation. Les deux petites rayures que l’on peut voir dans l’image représentent l’une des découvertes les plus importantes de la physique du siècle dernier qui a eu pour conséquence la fondation d’institutions de recherche et de financement de la recherche au Brésil.

Une seule artiste a réalisé l’ensemble de l’œuvre, en concertation avec les porteurs du projet au CBPF. Gabriela L. Tores est carioca, et s’est formée en Arts plastiques à l’Université d’Etat de Rio de Janeiro (UERJ). Le Graffiti s’étend sur 240m2, a nécessité 110 litre d’encres, 600 heures de peinture, et 324 canettes de spray.

Le Graffiti de la Science dispose d’un site web dédié (http://www.science-graffiti.cbpf.br). Cette réalisation complémentaire est indispensable à l’interactivité avec le public.

Ainsi, diverses énigmes ou questions implicites sont disséminées sur le mur, et le public est invité à soumettre leurs réponses sur le site web afin d’en proposer des interprétations/résolutions. Les énigmes sont classées de « très faciles » à « extrêmement ardues », et la résolution de ces dernières sera récompensée par le CBPF.

Le projet est également suivi sur Instagram (https://www.instagram.com/grafitedaciencia/) et par une page dédiée sur Facebook (https://www.facebook.com/grafitedaciencia/).

Parmi les 100 figures choisies pour illustrer la section dédiée aux bâtisseurs de la Science, on trouve sept français : René Descartes, Blaise Pascal, Émile du Châtelet, Sophie Germain, Marie Curie, Louis Pasteur et Antoine L. de Lavoisier. La disposition des portraits est inspirée de la toile « Operários » (1933), de la peintre moderniste brésilienne Tarsila do Amaral (1886-1973). Il y a par ailleurs 32 chercheurs brésiliens. L’artiste a inclus un portrait laissé en silhouette, pour évoquer tous ceux qui, anonymes, ont apporté leur contribution au progrès de la connaissance, mais aussi comme une invitation faite au public à se prendre en photo en ce lieu.

 

Portrait de Marie Curie dans la zone vi) du graffiti.
Elle fait partie des 19 femmes représentées dans cette zone du mur. (Photo: Luiz Baltar)

 

L’inauguration s’est déroulée au cours d’une table ronde en présence de l’ingénieur et homme d’Affaires Guy Perelmuter, le chimiste et journaliste de Télévision Álvaro Pereira Júnior, la chimiste et chercheuse Joana of D’Arc Félix de Sousa, de la professeure de physique et auteure d’ouvrages de diffusion scientifique Elika Takimoto, et de la médiation de Ronald Shellard, directeur du CBPF.

Le CNRS, par l’intermédiaire de son bureau de Rio de Janeiro, a soutenu et participé au projet. Le CBPF, associé actuellement à un Laboratoire International Associé (LIA) en microscopie avancée des Biomatériaux avec l’Institut de Physique et Chimie des Matériaux de Strasbourg (IPCMS, UMR7504, UNISTRA) et porte un Projet International de Coopération Scientifique (PICS) portant sur la « Maitrise des bio-interfaces pour des applications en ingénierie tissulaire osseuse » avec l’Institut de Sciences des Matériaux de Mulhouse (UMR 7361) compte parmi les partenaires de premier plan du CNRS au Brésil.

 

“Le CNRS, par l’intermédiaire de son bureau

de Rio de Janeiro, a soutenu et participé au projet“

 

Outre le CNRS, les partenaires ayant soutenu le projet sont : Innovation Norway, Fundação de Apoio ao Desenvolvimento da Computação Científica (FACC), Angular Tecnologias, et Hinaje Filmes.

 

 Contact: MARCIO PORTES DE ALBUQUERQUE: MPA@CBPF.BR

 

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