Lancement du prix Lliboutry pour récompenser les recherches franco-chiliennes en « Glaciologie »

Le lancement du prix Lliboutry

Le lancement du premier prix Louis Lliboutry s’est tenu le 13 décembre 2019, à l’occasion de la COP 25 organisée à Madrid, avec le soutien de l’Institut des Géosciences de l’Environnement de Grenoble et du Laboratoire Edytem de l’Université Savoie Mont-Blanc et fut placé sous le haut parrainage de l’Ambassade de France au Chili. À l’avenir, le prix Louis Lliboutry sera destiné à récompenser les meilleures recherches doctorales ou postdoctorales réalisées par des étudiants chiliens dans le domaine de la glaciologie et engageant une coopération scientifique avec des laboratoires français. Pour son année de lancement, le prix 2019 fut destiné à récompenser un laboratoire chilien et argentin ayant développé des collaborations scientifiques intenses avec des équipes chiliennes dans le domaine de la coopération scientifique et universitaire avec la France.

Couverture du livre « Louis Lliboutry – Le Champollion des Glaces » – Crédit : Marc Turrel

Louis Lliboutry

Louis Lliboutry, né le 19 février 1922 à Madrid et mort le 21 octobre 20071 à Grenoble, est un glaciologue, géodynamicien et alpiniste français. Lors d’un séjour au Chili au début des années 1950, il analyse et explique la formation des pénitents de neige dans les Andes, ce qui constitue la première de ses contributions à la glaciologie. En 1958, il fonde à l’université de Grenoble un laboratoire de glaciologie dont il sera directeur pendant 25 ans, et met sur pied un enseignement de géophysique générale. Ses apports à la mécanique des milieux visqueux (glace et manteau terrestre) et à la géodynamique sont reconnus internationalement. Il a également participé à la création du premier institut de glaciologie d’Amérique du Sud, le Centre de recherches en glaciologie à l’université du Chili. Pour célébrer la mémoire de ce grand explorateur, les autorités chiliennes ont d’ailleurs choisi de lui dédier un glacier (le glacier Lliboutry) et une montagne (le Cerro Lliboutry).

Les trophées

Il s’agit de deux sculptures, réalisées par AlCubo Studio Spa de Valparaiso, en forme de pénitent, symbole de l’œuvre de Louis Lliboutry. La glace du pénitent est en résine, la base en Alerce, un bois millénaire du Chili méridional. Le socle en marbre a été rajouté à Madrid pour souligner le lien de Louis Lliboutry avec sa culture espagnole d’origine.

Les lauréats 2019

Le IANIGLA, Instituto Argentino de Nivología, GLaciología y ciencias Ambientales, est un centre de recherche du CONICET et de l’Universidad Nacional de Cuyo, basé à Mendoza, au pied de la Cordillère des Andes. Il a été fondé en 1972, et compte actuellement 150 membres. Les recherches se réalisent principalement en glaciologie, en nivologie ainsi que dans les géosciences et les sciences de l’environnement. Les études du IANIGLA portent principalement sur la cordillère, depuis les confins de la Patagonie jusqu’aux régions désertiques du Nord, mais également sur l’Antarctique. Fait notable, en 2010, le IANIGLA a été à l’origine de la seule loi au monde qui protège les glaciers et les milieux périglaciaires.

Le CEAZA, Centro de Estudios Avanzados en Zonas Aridas, a quant à lui été fondé beaucoup plus récemment, en 2003, par plusieurs universités, par le CONICYT et le gouvernement régional de Coquimbo. Une centaine de personnes y travaillent au sein de quatre groupes de recherche dans les domaines des agrosciences, de la biologie, des géosciences et des sciences de la mer. Les débuts de la glaciologie au CEAZA ont été marqués par des études sur les glaciers potentiellement impactés par le complexe minier transfrontalier de Pascua-Lama, avec une forte contribution de chercheurs français, principalement de l’IGE (ex-LGGE ).

Comme le prouvent les publications de haut niveau qui en sortent régulièrement, les deux instituts sont actuellement en pointe sur les études de la cryosphère andine. Des équipes jeunes et très dynamiques y mènent en effet des projets ambitieux… tout en n’oubliant pas les travaux pionniers menés par Louis Lliboutry, véritable défricheur de leurs terrains d’étude actuels.

Autant le CEAZA que le IANIGLA développent de nombreuses collaborations internationales, avec comme partenaires principaux en France l’IGE à Grenoble, le LEGOS et le CESBIO à Toulouse, le laboratoire EDYTEM à Chambéry ou encore le laboratoire Hydrosciences à Montpellier.

On peut espérer que ce prix, outre la reconnaissance des travaux dans le domaine d’étude rare, la glaciologie, va contribuer à faire rayonner la coopération franco-chilienne.