Les principaux acteurs de la recherche

En Uruguay, c’est le Cabinet Ministériel de l’Innovation (GMI) qui a pour rôle de coordonner et d’articuler les actions gouvernementales liées aux domaines de l’innovation, des sciences et de la technologie pour le développement du pays. Le GMI est composé d’un représentant du ministère de l’éducation et de la culture qui le préside, du bureau de la planification et du budget, des ministères de l’agriculture et de la pêche, de l’industrie, de l’énergie et du minerai, de l’économie et des finances et depuis 2010 de la Santé Publique. Cette composition transversale assoit le caractère multidisciplinaire de cette institution et la complétude des sujets qu’il aborde.

En 2010, le GMI a approuvé le PENCTI (Plan Stratégique National des Sciences, de la Technologie et de l’Innovation) qui a pour objectif de créer les conditions pour que les connaissances et l’innovation soient des instruments primordiaux dans le développement du pays, en augmentant significativement les investissements par des mesures telles que :

– Augmenter l’articulation des investisseurs avec les réalités productives et sociales pour contribuer à l’innovation.
– Renforcer l’innovation dans les entreprises
– Financer les innovations
– Rendre accessible à tous la science et la technologie
– Etc…

Outre le GMI, il existe deux acteurs majeurs dans le paysage de la recherche, de la technologie et de l’innovation en Uruguay : le CONICyT et l’ANII.

Le CONICyT (Conseil National de la Recherche, de la Science et de la Technologie) dépend du ministère de l’Education et de la Culture. Il est défini par la loi 18.084 de 2006 comme une institution conseillant le pouvoir exécutif, le pouvoir législatif, et par conséquent le GMI sur les plans, les politiques générales et les priorités concernant les thèmes de la science, la technologie et l’innovation dans le pays.

L’ANII (Agence Nationale de Recherche et d’Innovation), créée en la même année que le CONICyT, met à disposition du public des fonds pour aider la recherche, des bourses nationales et internationales et des programmes pour favoriser l’innovation et l’entreprenariat, autant dans le secteur privé que public. Elle peut être défini comme le bras exécutif du CONICyT et du PENCTI. L’ANII a développé le SNI (Système National des Chercheurs) un programme d’appui économique sur la base d’un système d’évaluation strict. Elle a également créé le portail Timbó qui permet l’accès gratuit à tout type de publications scientifiques du monde entier pour les uruguayens. L’ANII fonctionne comme un organisme de coordination des acteurs impliqués dans le développement de la recherche, de la connaissance et de l’innovation. Elle est dirigée par un directoire de 5 personnes choisies par le GMI. Le suivi du fonctionnement des différents programmes de l’ANII est assuré par le CONICyT.

Il existe un grand nombre d’organisme de recherche en Uruguay dépendant de différents ministères :

  • L’INIA (Institut National de la Recherche Agricole) dépendant du ministère de l’Agriculture et de la Pêche
  • L’IIBCE (Institut de Recherche Biologique Clemente Estable) dépendant du ministère de l’Education et de la Culture
  • Le LATU (Laboratoire Technologique d’Uruguay) dépendant du ministère de l’Energie et du Minerai
  • L’IAU (Institut de l’Antarctique Uruguayen) dépendant du ministère de la Défense
  • Le Système Universitaire
  • ..

En Uruguay l’enseignement supérieur public dépend de l’Université de la République (UDELAR), seule université d’enseignement supérieure publique du pays : elle compte 4 facultés, plusieurs écoles et instituts universitaires et son propre hôpital universitaire. L’UDELAR est autonome, elle n’est pas sous la tutelle du ministère de l’Education. Le secteur de la recherche universitaire est géré par la CSIC (Commission Sectorielle de Recherche Scientifique), organisme co-gouvernemental et universitaire créé en 1990. Son objectif est la promotion de la recherche dans tous les domaines de la connaissance à l’Université de la République. Pour cela, il met en œuvre divers programmes permettant le renfort et le développement de la recherche dans le cadre universitaire. Elle est composée d’un représentant de chaque ordre (étudiants, doctorants, diplômés), d’un représentant pour chaque filière (Santé, Social, Sciences et Technologies, Art …) et du recteur de la recherche qui est également président du conseil).

De l’autre côté, les universités privées sont agréées par une commission ad hoc présidée par le ministère de l’Education. Les plus connues sont l’Universidad Católica del Uruguay, l’Universidad ORT Uruguay et l’Universidad de Montevideo.

Le PEDECIBA (Programme de Développement des Sciences Basiques) est un programme créé en 1986 issu d’un accord entre le pouvoir exécutif national, représenté par le ministère de l’Education et de la Culture, et l’Université de la Republica. Ce programme s’articule autour de 3 objectifs centraux :

  • Créer et maintenir une plateforme scientifique capable d’appuyer le développement des Sciences Basiques et le développement technologique,
  • Soutenir la formation de professionnels de haut niveau dans les différentes disciplines scientifico-techniques,
  • Participer activement à la consolidation du secteur scientifique et culturel de l’Uruguay.

Ce programme permet de financer des projets de recherche à travers tout le pays, à l’image d’une agence de financement.

La coopération franco-uruguayenne

La coopération scientifique franco-uruguayenne est très riche, elle constitue la colonne vertébrale de la coopération entre la France et l’Uruguay. En voici les grands axes :

  1. Institut Pasteur de Montevideo

L’Institut Pasteur de Montevideo est une fondation privée à but non lucratif créée en 2004 dans le cadre d’une convention signée entre l’Institut Pasteur de Paris (IP Paris), l’Université de la République d’Uruguay (UDELAR) et le Ministère de la Santé, le Ministère de l’Education et de la culture, ainsi que le Ministère de l’Economie et des finances. L’Institut est opérationnel depuis 2007 et fait partie du Réseau International des Instituts Pasteurs (RIIP). Les biosciences constituent l’un des axes fort de notre collaboration avec l’Institut Pasteur de Paris : Depuis 2016, l’ambassade soutient la mise en place d’un réseau régional de recherche en biosciences.

  1. LIA de Mathématiques et de Physique

Deux conventions portant création de laboratoires internationaux associés en mathématiques (ANII, PEDECIBA, UDELAR, CNRS) et en physique (UDELAR, CNRS, UP13, ESPCI) sont signées en 2019.

  1. Visite de Catherine Bréchignac et Rencontres capitales hors les murs

Catherine Bréchignac, secrétaire perpétuel honoraire de l’Académie des sciences et Ambassadrice déléguée à la Science, la technologie et l’innovation, se rendra en Uruguay en 2020 accompagnée d’une délégation. Ce sera l’occasion de rencontres entre scientifiques, entreprises, universitaires et étudiants sur 3 jours, en suivant le format des « Rencontres capitales » réalisées à Paris en 2018. Ce serait la première édition « hors les murs » des Rencontres capitales.

  1. Santé

La coopération médicale franco-uruguayenne est ancienne et dense. Elle fête en 2019 deux anniversaires : les 25 ans du service d’hématologie de l’Hôpital Maciel, créé grâce à l’appui français, et les 40èmes journées franco-uruguayennes de chirurgie. Plusieurs accords de coopération sont en cours de signature et l’ambassade de France a appuyé cette année 4 bourses pour de jeunes médecins uruguayens. Une délégation de l’Académie de médecine sera reçue et l’Ambassade a soutenu la venue de 4 professeurs de médecine français.

Enfin, on compte plus de 60 missions de chercheurs du CNRS par an.

Sources :
https://ciencia.ladiaria.com.uy/
http://www.anii.org.uy/

https://www.mec.gub.uy/innovaportal/v/32994/29/mecweb/gabinete_ministerial_de_la_innovacion?leftmenuid=32994
http://www.pedeciba.edu.uy/
Fiche Curie Uruguay
Sistemas de Ciencia, Tecnología e Innovación, gobernanza y prioridades científicas de los países iberoamericanos – Paola Andrea Castillo Rozo
Coopération scientifique franco-uruguayenne – Ambassade de France en Uruguay