Les « Assises franco-colombiennes de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation – COLIFRI 2019 » se sont tenues à Medellín, en Colombie, du 12 au 14 juin 2019, où elles ont réuni plus de mille trois cents participants sur le campus de l’Université EAFIT. Initiative conjointe des gouvernements de France et de Colombie destinée à renforcer leur coopération dans des domaines stratégiques pour les deux pays dans un contexte de forte progression des échanges culturels, économiques, scientifiques, technologiques et universitaires, cet événement était organisé par le gouvernement colombien (Ministère de l’Éducation et COLCIENCIAS), l’Ambassade de France en Colombie, l’association franco-colombienne de chercheurs COLIFRI, l’association colombienne d’universités ASCUN, l’Université EAFIT, la mairie de Medellín, l’Alliance des universités de Antioquia (G8+1), l’ACIET et l’Université CES.

L’un des grands objectifs était de discuter de la science en tant que moteur du développement et de ses défis dans le monde. Le lieu de la rencontre, Medellín, est par ailleurs un modèle international pour la création d’écosystèmes d’innovation. Les travaux étaient guidés par quatre thématiques majeures :

    1. Nature et ressources

Cet axe concerne les problèmes liés à la préservation et utilisation durable des ressources naturelles pour la population (eau, aliments, énergie) dans un contexte de croissance démographique, notamment dans les domaines technologiques associés à la réalité sociale, environnementale et économique.

    2. Organisations et territoires durables

Cet axe s’inscrit dans la quatrième révolution industrielle et sa mise en oeuvre dans le champ des organisations et territoires durables, en particulier en lien avec l’utilisation des sciences des données dans des domaines tels que la gestion de ressources, la surveillance de l’environnement, le transport, les villes intelligentes, la compétitivité et tous les autres champs d’application susceptibles de générer des propositions de transformation numérique pour l’introduction de l’industrie 4.0 dans les territoires et organisations en Colombie.

    3. Santé et Vie

Cet axe s’intéresse aux services publics et aux villes intelligentes dans une perspective d’améliorations de la qualité de vie, des services de santé, de la médecine personnalisée, de la transformation de l’information et de la connaissance au service de la vie, de la nutrition, etc.

    4. Sociétés, langues et cultures

Il s’agit ici d’ouvrir des espaces de rencontre entre les disciplines, afin de promouvoir le dialogue des savoirs dans une approche interdisciplinaire et interculturelle pour mieux répondre aux défis qu’impose la complexité de nos sociétés aux communautés académiques, scientifiques, publiques et privées.

De gauche à droite : Leïla Chabane, CNRS-INEE; Jerome Chave, CNRS Toulouse et LIA CEBACOL; Gautier Mignot, Ambassadeur de France en Colombie; Brigitte Baptiste, Directrice de l’Instituto Alexander von Humboldt; Mr Olivier Fudym Directeur du bureau CNRS Amérique du Sud; Mme Mailyn Gonzalez, Instituto Alexander von Humboldt et LIA CEBACOL; Mr Jean Thèves, CNRS-DERCI

Durant les assises, le projet CEBACOL a été officiellement lancé. Il s’agit d’un projet de recherche international (IRP) signé pour une durée de cinq années entre l’Institut Alexander von Humboldt (IAvH, Bogotá, Colombia) et le laboratoire « Evolution et Diversité Biologique » (EDB, UMR CNRS 5174, Toulouse, France), et porté respectivement par Mailyn-Adriana Gonzalez en Colombie et Jérôme Chave en France. L’objectif central de cette collaboration est de développer et appliquer de nouvelles approches pour l’exploration et le suivi de la biodiversité dans les zones Néotropiques, où la biodiversité est forte mais présente, à priori, un grand défaut de connaissances. CEBACOL s’inscrit dans une volonté d’ouverture du Laboratoire d’Excellence CEBA (Centre d’étude de la Biodiversité en Amazonie), qui opère en Guyane française mais cherche à incorporer des zones néotropiques d’autres pays. La proposition implique directement 8 chercheurs d’EDB et 9 chercheurs d’IAvH.

En plus des quatre thématiques abordées, un séminaire scientifique portant sur le “Changement climatique en Amérique du Sud : Impacts, vulnérabilités et solutions”, s’est tenu ainsi qu’une réunion technique destinée à définir les modalités de fonctionnement du nouveau programme régional CLIMAT AmSud. Ce programme d’appui à la mobilité des chercheurs sera bâti exactement sur le même modèle que les programmes STIC et MATH AmSud, qui financent des projets de coopération scientifique France-AmSud impliquant au moins deux pays sud-américains différents. Il s’agissait de définir les contours du comité de direction, du comité scientifique, du secrétariat général du programme, et d’établir un agenda prévisionnel.