Mathieu TISSIER – tissier@lptmc.jussieu .fr

Arturo LEZEMA – alezama@fing.edu.uy

 

Les collaborations scientifiques entre la France et l’Uruguay sont anciennes : une partie significative des physiciens actifs en Uruguay avaient réalisé tout ou partie de leur doctorat en France ( 15 % environ). Ces liens se sont consolidés avec le temps et de nombreux projets de recherche sont menés en parallèle dans les deux pays, ce qui a donné lieu à de nombreuses cotutelles de thèses et programmes de mobilité (de type ECOS-sud ou PICS du CNRS par exemple). La création du LIA IFUP (Institut Franco-Uruguayen de Physique) en 2019 permet de donner une visibilité institutionnelle plus forte à ces collaborations. Les objectifs principaux recherchés par cette action sont :

  • Participer à la formation des jeunes physiciens;
  • Consolider des collaborations existantes;
  • Favoriser l’apparition de nouvelles collaborations.

Les institutions signataires de la convention sont le CNRS, Sorbonne Université, Université Paris-Nord l’ESPCI,en France. Et l’Universidad de la República et le PEDECIBA (Programa de Desarrollo de las Ciencias Básicas), en Uruguay. Des membres d’autres structures sont également impliqués (Université Côte d’Azur, Université Grenoble Alpes, Université Paris Diderot, Ecole Polytechnique, …). Les collaborations scientifiques entre la France et l’Uruguay s’orientent autour de 3 axes principaux :

    1. Systèmes fortement corrélés

La collaboration utilise les méthodes de théorie des champs pour étudier différents problèmes physiques :

  • Physique statistique hors de l’équilibre : la collaboration étudie des problèmes de croissance de surface (équation de Kardar-Parisi-Zhang) et des écoulements turbulents dans le régime inertiel (équation de Navier- Stokes)
  • Physique de l’interaction forte (QCD) : Nous nous intéressons à différentes propriétés physiques dans le régime de grande distance (souvent appelé non-perturbatif), en particulier le diagramme de phase de la matière nucléaire (en lien avec les plasma quark-gluon) ainsi que certaines propriétés des mésons (constante de désintégration)
  • Symétrie conforme dans le régime critique de modèles tridimensionnels : dans le voisinage d’une transition du second ordre, les propriétés statistiques présentent une invariance sous dilatation. Il est probable qu’un groupe de symétrie plus grand soit également réalisé : le groupe conforme. Nous cherchons à démontrer que ces symétries sont effectivement présentes dans des modèles de physique statistique simples (modèle d’Ising en 3 dimensions) et utilisons ces symétries supplémentaires pour calculer des grandeurs physiques (exposants critiques, etc).

    2. Acoustique ultrason

3 axes de recherche sont définis :

  • Nous utilisons la focalisation des ultrasons par renversement temporel pour étudier des systèmes granulaires (sédiments granulaires, transition de jamming).
  • En collaboration avec l’institut Clemento estable et l’Institut Pasteur à Montevideo, nous étudions des maladies neurodégénératives à l’aide de méthodes d’imagerie fonctionnelle du cerveau par ultrason.
  • Nous développons des méthodes innovantes d’imagerie Doppler ultrarapide, avec des applications à l’imagerie cardiovasculaire

    3. Spectroscopie laser et lasers aléatoires dans des matériaux poreux

La collaboration est spécialisée dans l’étude des propriétés spectroscopiques d’atomes confinés dans des cavités (cellules micrométriques, milieux poreux etc.). Nous projetons d’étudier des situations où les pièges ont une structure bi-dimensionnelle. Par ailleurs, nous nous intéressons aux fluctuations de la lumière : la collaboration cherche actuellement à fabriquer un laser aléatoire à l’aide de vapeur atomique confinée dans une cavité passive.

Faculté d’ingénierie de Montevideo (Photo : Gabriela Suna)