Séance spéciale de l’Atelier Bergson – 20 octobre 2022

Une séance spéciale de l’Atelier Bergson se tiendra en hybride après l’AG de la SAB, le 20 octobre 2022, de 16h à 18h dans la Salle des Actes de l’ENS (45 rue d’Ulm).

Programme :
Maria Adriana Camargo Cappello (Universidade Federal do Paraná) – Autour de la méthode intuitive : art, spécificité humaine et sympathie interspécifique chez Bergson
Ma recherche actuelle, à laquelle se rattache ma communication d’aujourd’hui, s’oriente vers les éléments spéculatifs, que je crois retrouver dans la pensée de Bergson, qui peuvent nous conduire à établir des relations plus intimes entre la personne humaine et ce qui l’entoure. Plus précisément, il s’agit de rechercher les éléments théoriques du bergsonisme qui soutiennent la voie de l’élargissement de la conscience personnelle au sens, non seulement d’une Supraconscience, mais aussi au sens des multiples autres consciences qui habitent ce monde qui nous entoure, et cela, selon le fil conducteur qui va de la liberté des personnes à la création de formes de vie dans notre monde. En effet, je suis convaincue que, dans le bergsonisme, la pleine réalisation de la personne est dans ses actes libres, que cette réalisation et cette liberté sont intimement liées à l’intuition profonde ou immédiate de soi comme réalité en durée, et que la durée est un mouvement créateur qui traverse et déborde la personne. Bref, je suis convaincue que lorsque nous sommes libres et que nous avons une expérience profonde ou immédiate de nous-mêmes, nous sommes au-delà de nous-mêmes. La question, cependant, est : sommes-nous au-delà de nous-mêmes « en quoi » et de quelle manière. En regardant ce que Bergson nous offre dans l’Essai, on peut dire que quand j’ai l’intuition de la durée – dans l’intuition de ma propre durée –, ce que j’expérimente c’est l’essence même de l’être, c’est-à-dire, la manière d’être d’un mouvement caractérisé par l’intériorité et par la génération constante du nouveau. Cependant, lorsque Bergson nous offre l’intuition de l’élan vital, dans L’Évolution Créatrice, il reprend cette expérience que nous avons de nous-mêmes, proposée dans l’Essai, en soulignant son caractère créateur, auto-générateur. Dans ce mouvement, il nous fait savoir que l’expérience profonde de nous-mêmes était déjà l’expérience du mouvement créateur de la vie, qui était en nous, puisque nous sommes des êtres vivants et que, par conséquent, ce mouvement nous traverse ; il nous fait savoir, donc, que l’intuition de la durée en nous est l’intuition de la durée en général. (D’où, d’ailleurs, le rôle décisif joué par cette conscience profonde du moi, dans l’Evolution Créatrice, dans le sens de l’intuition de la vie, mais aussi de l’intuition de la matière.) Mais, entre l’expérience d’une conscience singulière et l’expérience de l’élan de vie qui traverse cette conscience singulière, il semble y avoir de nombreuses expériences qui, correspondant à des rythmes différents de la durée, correspond aussi à une diversité indéfinie de formes d’existence et de conscience. Je pense que Bergson nous a signalé que l’art c’est une preuve vive de l’existence de cette diversité de rythmes de la durée. Et, cela, dans la mesure où, dans l’intuition esthétique, on sympathise avec cette diversité, on sympathise non seulement avec d’autres consciences humaines – les consciences des artistes – mais, aussi, on sympathise avec divers rythmes insoupçonnés de la matière elle-même – comme formes nouvelles, nouvelles couleurs, nouveaux sons, etc. En ce sens, je pense qu’on peut développer la question de la possibilité d’élargir la conscience dans le contexte de la vie et, par conséquent, dans le contexte de la sympathie entre les formes de vie, compte tenu de l’intuition philosophique proposée par Bergson dans L’évolution Créatrice, dans son parallélisme avec l’intuition esthétique. C’est un premier essai de ce développement que je vous présente aujourd’hui.
Paulo César Rodrigues (Universidade Estadual Paulista) – Le psychique et le vital chez Freud et Bergson
Nous développons ici quelques réflexions sur les similitudes théoriques entre le freudisme et la philosophie de Bergson. Les considérations introductives présentées ci-dessous visent à relier les deux doctrines, apparemment incompatibles, sous trois angles : épistémologique, psychologique et biologique (ou métaphysique). On s’attend à ce que de telles considérations ouvrent à un approfondissement de cette interface singulière entre psychanalyse et métaphysique.

Chair : Mathilde Tahar (Université de Toulouse II)

Lien pour assister à l’Atelier en distanciel :